Le 10 octobre 2020, le monde vivait au ralenti. Les bureaux s’étaient vidés, les équipes se parlaient à travers des écrans, et beaucoup découvraient que la distance n’efface ni les tensions ni les blessures. C’est dans ce silence un peu étrange qu’est née Rezalliance, association sans but lucratif, portée par une conviction qui ne nous a jamais quittées depuis : agir ensemble contre le harcèlement sous toutes ses formes, pour des organisations inclusives et performantes.
Six ans plus tard, nous avons eu envie de regarder le chemin parcouru, comme on se retourne un instant en haut d’une colline pour honorer ce qui nous a portées jusque-là.
L’appel et le premier pas
Au commencement, il y avait une évidence. Le harcèlement et les discriminations au travail coûtent cher aux personnes, aux équipes et aux organisations, et pourtant, en Suisse, on n’en parlait encore qu’à voix basse, quand on ne les cachait pas derrière le mot plus pudique de « burn-out ». Nous voulions que l’on puisse enfin en parler ouvertement, mettre les mots justes sur les maux qui gangrènent les organisations de travail et surtout agir avant la crise.
Il a fallu se lancer. Réunir des expertises complémentaires à travers un référencement aussi rigoureux que fastidieux (l’IA n’était pas encore entrée dans nos vies). Ensuite il y a eu les premières conférences et formations, les premières salles, les premiers regards un peu méfiants qui se transformaient, au fil d’une demi-journée, en échanges sincères. Les ateliers Émergences sont nés de cette expérience : des groupes de quinze personnes au maximum, le temps d’une demi-journée, pour faire émerger ce que chacun observe sans toujours oser le nommer. Depuis, plus de 1 500 personnes ont été formées en présentiel.
Les rencontres providentielles
Le parcours ne s’est pas fait en solitaire. Parmi toutes les personnes qui ont croisé le nôtre, et dont certaines préfèrent rester discrètes, quelques rencontres ces dernières années ont grandement contribué à notre développement.
Il y a eu Farhdine de Socraft, arrivé au moment où notre plateforme digitale avait besoin d’être reprise en main après une première collaboration très décevante avec un précédent prestataire, une expérience qui nous a appris à choisir avec soin celles et ceux avec qui l’on s’associe. Grâce à son équipe, nos outils en ligne ont retrouvé la solidité qu’exige la confiance de celles et ceux qui les utilisent.
Et puis il y a eu Marie Rouyat, alors étudiante en master de psychologie du travail et des organisations à l’Université de Tours, qui a tenu à effectuer son stage chez Rezalliance. Sa contribution a été précieuse pour donner vie au Baroscope du harcèlement au travail, un outil inédit qui permet de repérer en un coup d’œil les situations à risque. Cette rencontre, nous la devons à Évelyne Fouquereau, responsable de ce master, qui a su voir le lien entre ses étudiantes et notre engagement.

L’épreuve et la création
Ces dernières années ont été rythmées par la création, avec ses élans et ses doutes. En 2022, nous avons lancé la journée internationale contre le harcèlement et pour l’inclusion dans le monde du travail, le #24May, qui a réuni depuis cinq éditions des actrices et acteurs clés des mondes de l’entreprise, académique, institutionnel et politique, des voix fortes et crédibles qui mettent en lumière un enjeu de santé publique et d’économie.
Parallèlement aux évènements annuels organisés pour faire vivre la journée internationale, nous avons continué à créer, développer et renforcer notre offre de solutions, avec la plateforme de signalement confidentiel, le Baroscope, pour repérer les signaux faibles avant qu’ils ne deviennent des crises, et l’e-learning, qui prolonge les ateliers Émergences en version digitale pour toucher davantage de personnes. Tous ces outils servent une même cause : protéger notre bien le plus précieux, l’humain dans toute sa diversité.
Rien de tout cela ne s’est fait sans obstacles. Mais nous avons réussi à les surmonter, et chaque difficulté nous a appris quelque chose sur la manière d’accompagner, de tenir bon, et de garder le cap malgré les vents contraires.
L’impact
Au fond, ce qui compte le plus à nos yeux, ce sont les personnes qui ont trouvé quelqu’un à qui parler au moment où elles en avaient besoin, les managers qui ont appris à repérer ce qu’ils ne voyaient pas, les équipes qui ont retrouvé un dialogue apaisé. Chaque fois qu’un cas a pu être résolu, c’est une souffrance évitée ou apaisée, et une organisation qui en sort grandie. C’est là que nous trouvons notre plus belle récompense.
La nouvelle mue
Six ans, c’est l’âge où l’on commence à savoir qui l’on est, quelles sont nos véritables forces, nos différenciateurs et notre valeur ajoutée sur un marché que nous avons contribué à ouvrir. Vous l’avez peut-être remarqué : notre logo s’est mis à nu, débarrassé du superflu, pour ne garder que l’essentiel. Ceci n’est qu’un premier signe. Une nouvelle mue se prépare, et nous vous la dévoilerons dans les mois qui viennent.
Merci à toutes celles et ceux qui ont fait un bout de chemin avec nous. Le meilleur reste à écrire, ensemble.
